Enfin vu, après une tentative avortée la semaine dernière, qui a débouché (pour moi) sur la découverte, en attendant, de
HUNGER.
Et
SHAME m'a laissé globalement une impression similaire, coup de poing en moins.
Autrement dit: un beau sujet, traité avec pas mal de maîtrise et d'intelligence, mais qui ultimement suscite pas mal de frustration.
Ici, McQueen nous montre les affres d'un trentenaire accroc au sexe, mais... voilà: il montre. J'ai eu le sentiment presque constant qu'il restait à la surface des choses.
Brandon (incarné par l'omniprésent Fassbender: cinq films vus (par moi) en quelques mois et 3 en une semaine) voit beaucoup de films porno, stock des images dans des magazines et son ordinateur, fréquente des "vidéo-chats" de cul et des prostituées et accumule des rencontres éphémères. Que retire-t-il de tout ça? De la sueur et des grimaces, la caméra de McQueen se montrant incapable de nous faire partager ce qui sûrement pour beaucoup de cette addiction: la jouissance, la décharge d'endorphine, le "trip"!
Ce McQueen se contente par ailleurs de nous montrer que Brandon a une carence ou un blocage dans l'émotionnel et le rapport social. Ben tiens, on n'aurait pas cru.
C'est un peu court, quoi.
Sinon, à titre purement personnel, ce film offre à Carrey Mulligan (et à moi-même, spectateur, vu que c'est mon actrice préférée de ces deux dernières années) un rôle en or, avec une particularité: sa première scène (à ma connaissance) où elle est intégralement nue, et ce pendant un plan très long.
((Le spoiler qui suit dévoile un élément révélé dans le premier quart d'heure du film, donc l'avertissement est presque sans objet.))
- Spoiler:
En plus, cette scène a la particularité d'être complètement dénuée d'érotisme, vu qu'elle est vécue par son frère à l'écran (Fassbender) qui la surprend sous la douche.
Du coup, m'identifiant déjà à ce stade au héros, je ressentais une gêne similaire à découvrir ainsi ma "chérie" que je me prenais, comme lui, à considérer plus comme une petite sœur que comme un objet de désir.
Je note en passant que je ne suis pas toujours client de scènes de nu chez mes actrices préférées, une exception notable étant Kate Winslet, qui fait toujours ça très bien, souvent en réinventant l'exercice, comme Carey ici.
Merci, Mr. McQueen!
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